Le président et la vice-présidente d’Aix-Marseille Université : Éric Berton et Maryline Crivello, ainsi que le directeur du Mucem, Pierre-Olivier Costa, vous présentent le Festival des Sciences et des Arts.
Ce festival est bien simplement un moment
d’écoute, d’accueil, de respiration et d’aspirations.
Année après année, depuis son lancement en 2020, Le Festival des Sciences et des Arts s’enracine durablement dans notre paysage universitaire.
Sur Marseille, sur Aix en Provence, sur Aubagne, sur nos campus et en lien avec nos partenaires culturels du territoire, cette nouvelle édition poursuit son exploration en interrogeant le dialogue entre science et croyances dans une société où la défiance envers la recherche et le clivage toujours plus croissant et inquiétant entre pensée et influence pénalise la démarche scientifique.
L’actualité récente ne fait que confirmer cette tendance délétère que nous devons collectivement inverser.
Du 16 au 20 septembre, débats, projections, concerts, performances et masterclass viendront rythmer cette nouvelle édition riche en rencontres et découvertes avec plus de 100 intervenants et 60 propositions reflétant la vitalité et le foisonnement culturel de notre territoire.
Merci une nouvelle fois à la Mission Interdisciplinarité(s) d’Aix-Marseille Université pour son implication constante et la qualité de cette nouvelle programmation, merci à nos partenaires ( Mucem, La Criée, APHM, IRD, Théâtre Antoine Vitez, Ville de Marseille, Ville d’Aix en Provence, Espaces éthiques PACA Corse et IDF, The Conservation) qui nous accompagnent année après année avec autant d’enthousiasme.
Je vous souhaite à toutes et tous un bon Festival
Il existe des instants, où nos certitudes vacillent, où la science rencontre l’inquiétude.
Avec sa sixième édition, le Festival des Sciences et des Arts s’annonce comme l’une de ces zones singulières, où chercheurs, artistes et citoyens cheminent ensemble, osent traverser ces frontières invisibles qui séparent souvent science et croyance.
Cette tension féconde traverse "Stalker", le chef-d’œuvre de Tarkovski, où trois hommes franchissent les limites d’un territoire interdit, la Zone, à la recherche d’un lieu sensé exaucer leurs désirs les plus profonds. La Zone elle-même échappe à la pure logique : ce que la science ne peut expliquer, le cœur inquiet tente de l’habiter.
Dans cette errance, la vérité ne se donne jamais totalement ; elle exige humilité, patience et confiance en l’inconnu.
Le Festival Sciences et Arts invite lui aussi à cette traversée : oser avancer là où le doute remue nos savoirs, où la curiosité accepte l’incertitude.
Les croyances ne sont pas l’antithèse de la science ; elles sont souvent le miroir de nos limites, de notre besoin de sens, de notre aptitude à questionner sans cesse.
À l’heure des débats sur le complot, sur la puissance des réseaux et sur la fragilité du vrai, renouer ce dialogue devient essentiel.
Dans une époque où les croyances s’opposent à la science, où les faits et démonstrations sont effacées par les ressentis, où la vérité scientifique devient relative, cette sixième édition du Festival des Sciences et des Arts est plus que nécessaire. Le Mucem se réjouit d’accueillir à nouveau ce Festival désormais bien implanté dans le paysage universitaire mais aussi culturel local.
Science ou croyances. Science et croyances. A priori, il s’agit de deux manières d’appréhender le monde antagoniques voire incompatibles. Or, l’exposition « Lire le ciel. Sous les étoiles en Méditerranée », actuellement présentée au Mucem, ne se résout pas à les opposer. Les sciences et les croyances populaires ont longtemps été imbriquées dans l’étude des cieux étoiles. C’est même tout le propos de l’exposition, démontrer l’articulation essentielle entre ces deux notions : le Mucem offre à comprendre les influences mutuelles exercées entre astronomie et astrologie. En tant que musée de société, nous veillons à donner à comprendre comment les époques et sociétés ont contribué à façonner les savoirs, tout en maintenant une certaine attirance pour l’incrédulité qui doit demeurer poétique et jamais politique.
Mais alors, comment protéger la science, hier comme aujourd’hui, parfois si malmenée ? Une des amorces de la réponse tient à une meilleure compréhension des croyances qu’on lui oppose. C’est tout l’objet du Festival comme c’est tout l’objet de l’exposition. Le Mucem veille à permettre les conditions de la rencontre – entre le monde culturel et l’université mais aussi au-delà-, de l’échange et, je l’espère, poser les bases de la réconciliation.
Je vous souhaite la bienvenue pour cette nouvelle édition et un bon festival.