Spectacle

Constat biologique versus récit sociologique

       La sœur et le frère après l’accident de voiture comprennent qu’il va falloir pousser la voiture pour s’en sortir. Mais le frère préfère tirer.
Sœur : Alors tu fais l’animal. 
Frère : D’accord. Et toi ? Tu fais l’humain ?
Sœur : D’accord. 
Le jeu est lancé. Le frère fait le cheval de trait, il a déjà rendu possible l’essor économique de l’occident. Là il refuse de tirer la voiture. On est coincé. Un personnage en vêtement blancs salis débarque, en annonçant qu’on est chez lui, qu’il faut partir. Le jeu déraille.

       On ne dit jamais « les humains et les autres animaux », on dit « les humains et les animaux », comme si entre eux, il y avait une frontière. 
Cette frontière est idéologique. Elle permet de légitimer l’exploitation, sans laquelle il n’y aurait jamais eu aucun moteur, vivant ou mécanique. Ici la frontière est matérialisée par le feu. La maîtrise du feu est le plus vieux  récit de la domination par le progrès.

       Dans Animosité, le rôle de l’humain est dépouillé d’un des apparats de sa puissance : la voiture. Il n’a plus que ses deux petits pieds. Il est en présence d’une force animale qui pourrait le tirer d’affaire. Mais celle-ci est dotée de mémoire, de subjectivité et de parole.

Réévaluer la fable du progrès – Moteurs & chevaux moteurs

               Animosité porte un regard sur l’évolution des énergies motrices, de la traction animale jusqu’au moteur à explosion. La modernité raconte volontiers que le progrès est advenu grâce aux machines. Mais sans animaux de travail, la révolution industrielle n’aurait pas eu lieu. Ou pas encore. 

Avec : 

  • Cie Legoboum
  • poEmma Pourcheron, directrice artistique 

 

 

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