Atelier (1h)

Depuis la fin de la dernière décennie, la définition de « l’ennemi islamiste » dans le débat public français s’est profondément transformée. Durant les attentats de 2015-2016, toutes les attentions se focalisent sur les réseaux et individus affiliés à des organisations jihadistes et animés d’intentions violentes. Alors que cette menace terroriste entame ensuite sa décrue, experts et ministres de l’Intérieur soulignent le rôle délétère d'entités nébuleuses (« djihadisme d’atmosphère », « écosystèmes séparatistes », « entrisme frériste ») dont les liens avec la radicalisation violente sont parfois ténus, voire inexistants, et dont les contours indéfinis englobent une part croissante des musulmans français. Ces théories relèvent au moins en partie de mystifications à visée politique. Nous reconstituerons ainsi les processus par lesquels, alliés putatifs et parfois effectifs de la droite contre la présidence Hollande, les représentants de l’islam conservateur, dont les Frères Musulmans, ont ensuite été érigés en ennemis mortels de la République. Dans un deuxième temps, nous montreront comment une démarche rigoureuse de sciences sociales permet d’analyser les croyances des acteurs islamistes.

 

Intervenante et intervenant :

  • Thomas Pierret, chargé de recherches CNRS (IREMAM-AMU-CNRS)
  • Marie Vannetzel, chargée de recherches CNRS (IREMAM-AMU-CNRS)

 

© Eléa Ropiot / Aix-Marseille Université