Conférence photographique

Avant la transformation des habitats côtiers des Cyclades en lien avec l’avènement du tourisme de masse (fin du XXe siècle), les photographies de Hans Silvester donnent à voir une forme de coexistence entre humains et animaux qui partagent les mêmes espaces de circulation, de travail et de sociabilité.

Relevant d’une esthétique immédiatement reconnaissable des urbanités méditerranéennes (murs blanchis à la chaux, toits-terrasses, escaliers abrupts, lumière intense et couleurs franches), les photographies montrent que les chats participent à une économie du vivant et de l'affection relationnelle.

Ni domestiques, ni sauvages, ils sont néanmoins nourris par les habitants. Ils habitent un espace partagé où différentes espèces coexistent dans une proximité quotidienne faite d’habitudes, de tolérance et d’attentions réciproques. En chassant rats et souris, en consommant les déchets de la pêche, ils participent à la salubrité locale, la régulation des rongeurs susceptibles d’endommager les semences, les réserves alimentaires, les embarcations ou les installations portuaires étant essentielle à l'équilibre local.

Animal indépendant et imprévisible, la photographie devient alors un exercice d’attention et d’ajustement où l’observation, l’attente et la rencontre jouent un rôle décisif dans la captation de l’information ethnographique et éthologique.

La rencontre avec Hans Silvester proposée dans le cadre du festival « Sciences et Arts » prendra la forme d’une narration photographique construite et d’un échange entre le photographe, l’anthropologue Valérie Feschet (IDEAS, amU) et le public.

Intervenant.es : 

  • Valérie Feschet, professeure d’anthropologie sociale, amU-CNRS
  • Hans Silvester, photographe 

 

© Hans Silvester