Projection

Chevrière : 

« Aucune autre espèce sur terre ne prélève ainsi des masses d’animaux sauvages pour les adopter et les choyer, aucune autre n’élève et ne soigne de la sorte ses proies avant de les manger. Qu’il s’agisse de la faune sauvage ou des animaux domestiques, le prédateur humain a cette tendance bizarre à mêler intimement le soin et l’exploitation, la violence et l’amour. » Charles Stépanoff, « Attachements ».
Partant de ce postulat, le film propose une immersion au cœur du métier d'Emilie qui se livre à nous.
Le film s'ouvre sur la mise bas d'une chèvre dans la forêt et de ce moment de grâce qui unit la mère (et même la grand-mère, ici) et son petit. Ce moment s'achève lorsqu' Emilie et son conjoint entrent dans le cadre pour les rapatrier à la ferme en camionnette.
Eleveuse de chèvres c’est savoir trouver sa place auprès des animaux, savoir protéger et soigner, et faire des choix difficiles. C'est aussi tisser des liens avec les bêtes, tout en sachant qu’on devra s'en séparer ou leur donner la mort pour pouvoir « vivre ».
J'ai choisi de ne pas montrer d'images dures. Les situations dont nous sommes témoins sont toujours pleines de vie. À travers les multiples liens avec ses bêtes, Emilie nous parle de ses expériences, de son passé en tribu Kanak (Nouvelle-Calédonie) qui l'a forgée. Mère de 3 enfants, dont un qui est né dans la forêt, c'est en faisant le lien avec son expérience personnelle, qu'elle choisit de s'occuper de ses chèvres. Elle essaie de se mettre à leur place pour les comprendre au mieux et tenter de prendre les meilleurs décisions.
La mort a aussi sa place place dans ce métier. L'approche du film se veut philosophique et humaniste et pose des questions telles que : comment mettre à mort un animal du « mieux » possible ? Comment choisir l'animal qui va mourir : pourquoi lui plutôt qu'un autre et le malaise qui se crée alors.
Emilie nous livre un témoignage fascinant, sur ses chèvres, elle-même et son côté animal.

Un film de Christelle Seguin, 24 minutes

 

 

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