Comment la notion de "bien commun" peut-elle nous aider à considérer l'eau différemment ?
Comment la notion de "bien commun" peut-elle nous aider à considérer l'eau différemment ?
Vendredi 19 septembre
Marseille
Mucem (Auditorium)
15h30-17h00
Table-ronde
Si l’eau douce est un élément absolument vital, elle est aussi associée depuis longtemps à de nombreuses croyances ou rites importants dans toutes les sociétés. Elle est de plus essentielle à tous les écosystèmes et toutes les activités humaines, qu’elles soient domestiques, urbaines, agricoles ou encore industrielles. Plus de 97% de l’eau présente sur la planète est de l’eau salée (mers et océans) avec des usages très limités, la part d’eau douce restante et accessible est de fait excessivement faible au regard notamment des besoins qui ne cessent de croitre en relation notamment avec les développement démographiques et économiques. A cela s’ajoute des variabilités spatio-temporelles quantitative et qualitative des ressources en eau très variables selon les endroits où l’on se trouve et fortement impacté par les effets du dérèglement climatique dont les impacts sur le cycle de l’eau sont majeurs, avec une augmentation forte des événements extrêmes (sècheresses et inondations). Près de 30% des pays sont actuellement considérés en stress hydrique, dont 50% en état de rareté ou de rareté absolue de l’eau. Les scenarii actuels prévoient que le maintien d’une approche de gestion et d’utilisation des ressources sur un modèle « Business as usual » amènerait près de 7 milliards d’habitants en 2050, à vivre dans une zone en stress hydrique, dont 4,5 milliards en état de rareté ou rareté absolue. A l’opposé un scenario ambitieux et adapté de la gestion et de l’usage des ressources pourrait permettre de limiter à moins de 2 milliards d’habitants en zones de stress hydriques.
Il est donc urgent de tous ces points de vue, de revoir, dans des approches territoriales, globales et partagées, de manière drastique notre rapport à l’eau et de redéfinir et d’interroger notamment la notion de bien commun pour l’eau, utilisée actuellement plutôt dans une vision de ressource illimitée, afin que pour chaque territoire les usages essentiels de l’eau puissent être préservés et être associés, avec une acceptabilité sociétale forte, à des développements économiques et démographiques résilients. Ce questionnement important devra pouvoir prendre en compte des enjeux locaux, politiques, économiques et sociétaux qui devra être spécifique et adapté à chaque territoire. Cette table-ronde, intitulée « Eau, bien commun : Mythe ou réalité » abordera toutes ces questions dans une approche résolument interdisciplinaire autour des Sciences Humaines et Sociales (Droit, Economie, Sociologie, …) et aussi technologique sur les voies de gestions qualitative et quantitative des ressources en eau douce afin d’imaginer et de dessiner un avenir plus adapté. La question de la zone méditerranéen (hotspot du changement climatique) sera aussi traitée.
Intervenants :
Annick Mievre directrice du bureau de Marseille de l'agence de l'eau Rhône Méditerranéen Corse
Sandrine Motte, Directrice Générale de la Société des Eaux de Marseille
Simon Porcher, professeur des universités à l'université de Paris dauphine PSL et auteur du livre la fin de l'eau
Alexandre Mayol, professeur des universités en sciences économiques à l'Université de Lille
Hélène Durand, directrice d'Alisé-Géomatique à Montpellier
Animation :
Nicolas Roche, professeur de génie des procédés
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