Lecture performée d’un montage de La Vie de Galilée de Bertolt Brecht

La lecture du ciel configure exemplairement une certaine représentation du monde, de Dieu et du pouvoir temporel que la démarche scientifique et certaines découvertes viennent faire trembler sur leurs bases. À la suite de Copernic, Galilée s’est heurté au péril de sa vie à l’obscurantisme de l’institution religieuse de l’époque. La pièce de Brecht explore les conflits fondamentaux de la science avec la croyance et retrace le grand duel d’un penseur avec la censure. Après la seconde guerre mondiale, Brecht ne croyait plus à « la légende galiléenne » ni aux valeurs de la raison triomphante de la philosophie des Lumières. L'Histoire récente venait de montrer que la science pouvait être une arme pour la révolution comme elle pouvait être assujettie à des intérêts qui s’y opposent. Le savant aurait donc une responsabilité politique. Ce fut le cas de Galilée lorsqu'il dut faire face à l'inquisition. Ainsi, pour dire la contradiction du savant pris dans des jeux de domination et de pouvoir, Brecht décida-t-il de représenter la science sur scène, non pas comme une solution, mais comme un problème. A l’heure où le platisme se fait insistant sur les réseaux sociaux et où les théories complotistes abondent, comment la science peut-elle mettre en partage publique son discours, ses interrogations, ses hypothèses et ses remises en cause du savoir? Comment peut-elle mettre en œuvre un doute qui défait les évidences du visible? Comment penser le rôle politique d’un scientifique? L’astrophysique va-t-elle faire émerger de nouvelles révélations bouleversantes sur l’univers et l’origine de la vie?

Dirigée par le metteur en scène Mathieu Cipriani, suivie d’une discussion avec l’astrophysicien Vincent Hue.

Avec Louise Bonnemaille, Andréa Ching, Lison Messager, Clarisse Mounier, Shun Mel et Olivia Oukil Aubret, étudiantes et étudiants en arts de la scène

 

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